Une terrasse organisée sur deux niveaux offre la possibilité de répartir les usages, d’optimiser les vues et d’améliorer la circulation autour de la maison. Le niveau supérieur peut accueillir un coin repas dégagé et circulable tandis que le niveau inférieur devient un salon bas, une zone détente ou même un espace jardiné. Ce guide détaille les choix d’implantation, les dimensions à prévoir, les matériaux adaptés, les contraintes techniques et administratives, ainsi que des conseils d’entretien et de budget pour mener votre projet à bien.
Principes d’aménagement : séparer pour mieux vivre
La distinction fonctionnelle est la clé : dédiez un niveau au repas, un autre à la relaxation. Pour un coin repas confortable, prévoyez au minimum 2 m de profondeur et 2 m d’espace libre autour d’une table pour quatre personnes afin de permettre le passage des chaises. Pour un salon lounge, comptez 2,5 à 3 m de profondeur pour installer canapés, table basse et allées de circulation.
Placez le coin repas près de la cuisine ou de la sortie pour faciliter les services. Le salon bas peut profiter d’une orientation plus douce, d’un ensoleillement couchant ou d’une vue dégagée. Prévoyez des paliers de transition larges (au moins 90 cm) pour assurer une circulation fluide entre les niveaux et éviter les zones de congestion.
Dimensions, marches et ergonomie
Respectez des hauteurs de marche entre 15 et 18 cm pour le confort. Une profondeur de marche de 25 à 30 cm est recommandée. Un nez de marche antidérapant et un éclairage intégré dans les contremarches améliorent la sécurité nocturne. Si la différence de niveau est importante, fractionnez en plusieurs paliers plutôt qu’en une volée longue pour réduire la pente et créer des niches végétales.
Choix des matériaux et esthétique
Les matériaux dictent le style, le budget et l’entretien. Le bois massif (pin traité, mélèze) apporte chaleur et authenticité mais demande entretien (lasures, nettoyages). Le composite offre faible entretien et durabilité, idéal pour un rendu uniforme et contemporain. Le grès cérame posé sur plots donne une finition minérale, très résistante aux taches et au gel, mais nécessite une pose précise.
Privilégiez des teintes claires si la terrasse est exposée plein sud pour réduire l’absorption thermique. Une palette neutre (gris, beige, bois clair) facilite l’intégration avec la maison et la végétation. Ajoutez des touches colorées avec textiles et pots pour personnaliser sans alourdir la composition.
Structure, fondations et ventilation
La structure dépendra du type de sol et de la charge. Sur sol stable, des plots béton réglables suffisent souvent pour une ossature en lambourdes. En sol argileux ou en pente, privilégiez des fondations profondes ou des pieux vissés pour garantir la stabilité à long terme. L’ossature doit laisser un vide d’air d’au moins 20 mm sous les lames pour permettre ventilation et évacuation d’humidité.
Utilisez des fixations inox et des sabots appropriés pour les interfaces métal-bois et pour prévenir la corrosion. Pensez à l’accès et au stockage sous la terrasse si l’espace est prévu en dessous : prévoir portes d’accès ou trappes facilite l’entretien des réseaux et le rangement.
Réglementation et autorisations
Consultez le Plan Local d’Urbanisme (PLU) avant de démarrer. En France, une déclaration préalable est généralement nécessaire pour une terrasse couverte ou élevée de moins de 20 m², tandis qu’un permis de construire peut être requis au-delà de 20 m² ou si la hauteur excède 2 m. Les règles varient selon la commune et les zones protégées, vérifiez aussi les servitudes et les règles de mitoyenneté.
Éclairage, sécurité et confort
Installez un éclairage progressif : bornes pour délimiter, spots encastrés dans les marches, rubans LED sous la main courante. Un garde-corps conforme aux normes (hauteur, remplissage) est indispensable si la hauteur excède 1 m. Choisissez des solutions antidérapantes pour les revêtements en zone humide ou exposée à la pluie.
Végétation et ambiance
Intégrez des jardinières ou des bacs pour créer des écrans visuels, favoriser l’intimité et rafraîchir l’air. Privilégiez des plantations adaptées à l’exposition : lavandes et graminées pour le sud, fougères et hostas pour les zones ombragées. Les plantes permettent aussi de délimiter les usages et d’atténuer la rigueur des matériaux durs.
Budget indicatif et entretien
Les coûts varient fortement selon le matériau et la complexité : bois traité 15–40 €/m², composite 40–80 €/m², grès cérame 50–120 €/m² posé sur plots. Ajoutez fondations, garde-corps et éclairage. L’entretien courant comprend nettoyage annuel, traitement du bois si nécessaire, vérification des fixations et dégagement des voies d’eau. Bien choisi, le matériau s’amortit par la durabilité et la faible maintenance.
Checklist avant démarrage
- Vérifier PLU et autorisations locales.
- Définir fonctions de chaque niveau et dimensions requises.
- Choisir matériaux et structure adaptés au sol.
- Prévoir fondations, ventilation et accès sous-structure.
- Planifier éclairage, garde-corps et éléments de sécurité.
- Budgétiser matériel et main-d’œuvre, prévoir marges pour imprévus.
En synthèse, une terrasse à deux niveaux bien conçue sépare clairement les usages, optimise la circulation et met en valeur le paysage. En respectant les règles d’ergonomie, de structure et d’entretien vous obtiendrez un espace extérieur agréable, sûr et durable. N’hésitez pas à consulter un professionnel pour les études structurelles et les démarches administratives si votre projet est important ou situé en zone règlementée.



